Origine et signification des noms de famille italiens

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Depuis l’Antiquité, l’un des besoins des sociétés a été de distinguer les individus suivant leur propre dénomination. A l’origine, tous les membres qui constituait une peuplade n’avaient qu’un seul nom, mais, au fur et à mesure où la société est devenue de plus en plus complexe, ce nom devint distinct pour chaque personne concernée. Ainsi, à l’aube de l’histoire romaine, les individus étaient désignés par une seule appellation, mais, avec le développement de la vie sociale, un système fût mis en place puis perfectionné pour distinguer les personnes les unes des autres, ce qui a eu pour résultat de leur donner jusqu’à quatre noms. Le premier était le “PRAENOMEN”, suivi du “NOMEN” puis du “COGNOMEN” auxquels s’ajoutait fréquemment “l’AGNOMEN”.

Le “PRAENOMEN” était une dénomination choisie parmi un nombre limité d’appellations, probablement pas plus de trente, et souvent répétée à l’intérieur d’un même groupe. Les exemples typiques sont CAIUS, PUBLIUS, MARCUS, LUCIUS etc …

Le “NOMEN” indiquait le “clan” ou la “gens”. Il était porté par chaque membre, masculin ou féminin, du même “clan”, mais également par les enfants adoptés ainsi que par les affranchis et les étrangers devenus citoyens romains à la suite d’un service rendu au “clan”. Le “NOMEN” était la plus importante partie du nom individuel d’un romain. Il le reliait directement au “clan” ainsi qu’aux ancêtres et aux descendants.Il était le symbole de l’unité et de la continuité du groupe.

Le “COGNOMEM” (qui a donné le terme “COGNOME” en langue italienne, soit “NOM PATRONYMIQUE” en français) marquait les divisions du “clan” en diverses familles et, en général, avait pour origine un attribut physique ou moral.

“L’AGNOMEN” était enfin parfois ajouté pour signaler une situation particulière, ou la qualité, ou un rapport de parenté pour une personne ayant été adoptée.

La société romaine perfectionna ainsi les règles d’attribution et de dévolution des noms d’une manière pouvant être comparée à nos systèmes actuels, ce qui n’a été retrouvé nulle part ailleurs parmi les autres peuples de l’Antiquité.

Après la chute de l’Empire romain, il fallut attendra le 11ème siècle pour ressentir à nouveau la
nécessité de distinguer les individus par plus d’une seule appellation et de désigner chaque “clan” et chaque souche par un nom de famille. Le “COGNOMEN” ne recommencera à avoir un usage légal dans la société italienne qu’à la fin du 10ème siècle. Il est néanmoins exact que de rares grandes familles reprirent l’usage du “COGNOMEN” dès le 9ème siècle, mais, seulement de trop rares documents nous sont parvenus de ces époques reculées pour retrouver avec exactitude quelles appellations étaient utilisées comme noms de famille transmissibles et quelles autres servaient de sobriquets ou de surnoms.

La caractéristique essentielle du nom de famille est sa transmission continue de génération en génération pour indiquer les racines d’où provient la famille. En Italie, les Vénitiens furent les premiers à utiliser ces patronymes. Un document daté de 982 et signé, entre autres, Baduarius BRAGADINO. Vitalis GRECO, Johannes BEMBO, Dominicus MAUROCENO, Dominicus CONTARENO est le plus lointain exemple qui nous est parvenu.

Classification des noms de famille italiens

Clasificacion de apellidos italianos

L’on ne peut dire avec exactitude l’époque à laquelle s’est fixé l’usage du nom patronymique pour les familles les
plus modestes en Italie mais, si certains chercheurs parlent des environs du 15ème siècle, l’on trouve encore, dans les registres paroissiaux du 16ème et du début du 17eme siècles, spécialement dans les zones rurales, des baptêmes, mariages ou inhumations enregistrés sous le simple prénom du père.

L’usage du nom de famille s’est développé durant les siècles sans réglementation particulière. Avec l’institution de l’État Civil laïque, cet usage a pris une signification légale. Chacun a eu alors en effet le droit à son propre nom et à ses propres prénoms, lesquels sont sa propriété propre, entraînant droits et devoirs.

Le droit au nom et aux prénoms et le droit de les porter sont actuellement régis par les articles 6, 7 et 8 du livre 1er
du Code Civil italien. Les changements, additions et corrections concernant les noms de famille relèvent des dispositions du Décret royal n° 1238 du 8 juillet 1939 sur l’organisation de l’État Civil. Cette législation est similaire à la législation française.