Immigrant Ancestors Project : registres d’émigration italiens en ligne

Immigrant Ancestors Project : registres d’émigration italiens en ligne

Le projet Immigrant Ancestors, qui avait été retiré d’Internet pour des raisons de sécurité, dispose aujourd’hui d’une nouvelle version en phase de test. Cette réouverture permet à nouveau un accès partiel à sa base de données, même si le site demeure encore en cours de développement.

L’une des particularités de ce projet est qu’il ne se limite pas aux grandes bases de données généalogiques. Son objectif est également d’identifier et d’exploiter de petites collections de documents migratoires conservées dans des archives européennes.

Il s’agit souvent de fonds très restreints — parfois limités à quelques années seulement — qui passent facilement inaperçus mais qui peuvent contenir des informations essentielles sur l’origine des émigrants.

En quoi consiste le projet ?

Il est fréquent de penser que les registres de départ des émigrants conservés en Europe permettent toujours de retrouver le lieu de naissance d’un ancêtre. En réalité, très peu de listes de passagers embarqués dans les ports européens ont survécu jusqu’à nos jours, beaucoup ayant disparu au fil du temps.

Le projet Immigrant Ancestors, lancé par le professeur George R. Ryskamp (†) et soutenu par le Centre d’Histoire Familiale de l’Université Brigham Young (Provo, Utah), travaille depuis 2004 avec plusieurs objectifs :

  • Identifier les archives européennes liées à l’émigration ;
  • Numériser les documents conservés ;
  • Extraire les données relatives aux émigrants ;
  • Créer une base de données consultable en ligne.

Les documents étudiés proviennent d’archives municipales, départementales, provinciales, régionales ou nationales de pays tels que l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la France, le Portugal et le Royaume-Uni.

Une grande diversité documentaire

Les recherches menées dans le cadre du projet ont mis en évidence une véritable mosaïque de lois, de réglementations et de pratiques administratives. Cette diversité a donné naissance à une multitude de types documentaires permettant de mieux comprendre les conditions imposées aux candidats à l’émigration avant leur départ.

De nombreux fonds d’archives n’ont d’ailleurs été identifiés que récemment.

Méthodologie du projet

Le travail est organisé en quatre étapes principales :

  1. Identification des archives d’émigration.
  2. Numérisation des documents.
  3. Extraction des données individuelles.
  4. Publication dans une base de données en ligne.

Les informations sont ensuite vérifiées et normalisées afin d’en garantir la fiabilité.

Types de registres recensés

Les documents identifiés peuvent être regroupés en trois grandes catégories :

  • Registres de départ (pays d’origine) ;
  • Registres d’arrivée (pays de destination) ;
  • Registres de transit.

Les collections italiennes

Naples — émigration clandestine (1884-1885)

Cette collection rassemble des listes de passagers établies par les autorités de police dans le cadre de la surveillance de l’émigration clandestine depuis Naples. Les dossiers comprennent généralement plusieurs pages mentionnant le nom du navire, la date de départ, la liste des passagers et la destination finale du voyage.

Cette source est particulièrement précieuse car elle documente des mouvements migratoires échappant aux circuits officiels.

Naples — demandes de passeport (1888-1901)

Il s’agit d’une importante série de demandes de passeport conservées dans des dossiers regroupant de nombreux cas individuels.

Chaque demande peut contenir des renseignements personnels sur le demandeur, sa famille et les personnes voyageant avec lui. L’organisation des documents permet souvent de reconstituer le contexte familial précédant l’émigration.

Gênes — Préfecture (1858-1872)

Cette collection comprend divers dossiers administratifs de la Préfecture de Gênes relatifs à l’émigration, notamment des demandes de passeport pour l’étranger.

Les documents concernent aussi bien l’émigrant principal que les membres de son groupe familial, fournissant ainsi de précieuses informations pour la période qui entoure l’unification italienne.

Turin — demandes de passeport (1903-1905)

Ces registres correspondent aux demandes de passeport déposées auprès de la Questura de Turin.

Les dossiers peuvent contenir des informations personnelles détaillées, les pièces justificatives exigées ainsi que diverses annotations administratives reflétant les procédures migratoires de l’époque.

Les collections espagnoles

Pour les émigrants espagnols, le projet donne accès à plus de 42 000 enregistrements extraits de sources extrêmement variées.

  • Bulletins officiels publiant les départs d’émigrants ;
  • Cartes d’émigration et d’immigration ;
  • Certificats de résidence ;
  • Passeports ;
  • Dossiers d’embarquement ;
  • Dossiers d’émigration ;
  • Dossiers de personnes recherchées ou déserteurs ;
  • Dossiers concernant des décès à l’étranger ;
  • Demandes de passeport ;
  • Autorisations d’émigration.

Les collections françaises

La France est également représentée par plusieurs fonds particulièrement intéressants pour l’étude des migrations internationales.

Parmi les collections actuellement signalées figurent notamment :

  • Registres des passeports délivrés en Charente-Maritime (1896-1937) ;
  • Passeports conservés par les Archives départementales de la Gironde ;
  • Passeports de Loire-Atlantique ;
  • Passeports pour l’étranger conservés en Haute-Marne ;
  • Demandes de passeport ;
  • Registres d’embarquement (Embarquements) ;
  • Passeports d’immigration du Haut-Rhin (1817-1866) ;
  • Registres concernant les personnes conservant la nationalité française ;
  • Registres d’étrangers expulsés de France ;
  • Rôles de passagers embarqués à destination de la Louisiane ;
  • Collections conservées dans les archives départementales du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Charente-Maritime, de la Gironde, de la Sarthe, de la Loire-Atlantique, des Pyrénées-Atlantiques ainsi qu’aux Archives historiques municipales de Cherbourg-Octeville.

Ces fonds documentaires couvrent des périodes et des contextes variés et peuvent fournir des renseignements précieux sur les déplacements de personnes, les demandes de passeport, les départs vers l’étranger ou encore certaines procédures administratives liées à l’émigration.

Important

💡 La nouvelle version du site étant toujours en phase de test, il est possible que :

  • Certains registres ne soient pas encore accessibles ;
  • Certaines recherches produisent des résultats incomplets ;
  • L’accès à certaines collections soit temporairement limité ou interrompu.

Malgré ces restrictions, le retour du projet constitue une excellente nouvelle pour les chercheurs en généalogie.

Consulter la base de données

La version de test est accessible à l’adresse suivante :

http://iap_testing.byu.edu/

La base de données contient actuellement des informations concernant des émigrants espagnols, portugais, italiens et d’autres nationalités, notamment vers l’Amérique du Sud (Argentine, Uruguay, Brésil, etc.).

L’un des aspects les plus intéressants du projet est que de nombreux enregistrements indiquent à la fois l’origine et la destination de l’émigrant. Le moteur de recherche permet en outre d’effectuer différentes recherches croisées afin d’identifier plus facilement les personnes recherchées.